Histoire

A l’âge de pierre

Gaulois, Romains et Germains des Guerches

Moyen âge : Templiers et Pélerins

 

TEMPLIERS ET PELERINS.

Les traces du Moyen Age se retrouvent surtout dans notre église.

Les contreforts du mur nord, et les arcs en plein cintre des niches intérieures nous font remonter aux XI-XII° siècle romans. Le clocher mur ou clocher-peigne est typique du style “Templiers” des églises du sud de la France.

Des pierres tombales, malheureusement bien usées par les pieds des fidèles, évoquant ce passé “templier”, servent de pavage sous la tribune.

Elles sont évoquées par Berthou dans “Clisson et ses monuments”1910. (télécharger).

Le vaisseau renversé de la charpente, la grande verrière et la porte de la sacristie sont témoins du XV° siècle gothique.

Le Moyen Age, ce sont aussi les grands pèlerinages. Pierre Paillard dans sa série sur la toponymie monniéroise nous dit que le village des “Loges” (à l’origine cabane de bûcherons) nous renvoie à auberge sur les chemins de grande circulation. Il est aussi permis de penser que les moines et leurs greniers à sel de la Moinerie, offraient gîte et couvert aux pèlerins.

Monnières renoue aujourd’hui avec ce passé en devenant halte sur le chemin breton vers Saint Jacques. Nous devons à Myriam Goureau le dessin du cachet pour les “créanciales” des pèlerins.

DE JEHAN MESCHINOT AUX BARRIN DE LA GALISSONNIERE.

Au-delà de l’agrandissement gothique de l’église, le XV° siècle à Monnières voit la naissance en 1421, à la Court des Mortiers de Jehan Meschinot. La tourelle lui est contemporaine. (consulter aussi la rubrique « Nos hommes célèbres »). Disons simplement ici que ce contemporain de la Guerre de Cent Ans l’a vécu à la cour des ducs de Bretagne et a laissé son nom comme un des principaux « poëte » de son époque. Son œuvre (« Les Lunettes des Princes ») maintes fois réécrite, fut le premier livre imprimé à Nantes en 1493.

Le XVI° siècle nous amène à la Guerre des Religions, en septembre 1588. Henri de Navarre (futur Henri IV et alors chef du parti protestant) est venu « faire un petit tour en Rais », dans le sud nantais donc, au secours de calvinistes en lutte contre les catholiques du Duc de Mercoeur. C’est à partir de Monnières qu’il va poursuivre son arrière-garde et la défaire près de Pirmil (Berthou). Henri de Navarre met ensuite le siège devant Clisson , dont les formidable défenses lui font vite comprendre qu’il a mieux à faire. Il prend alors le chemin de Beauvoir/Mer qui tombera en octobre.

Au XVII° siècle, en 1608 exactement, Monnières voit arriver en son château seigneurial de la Janière les Barrin de la Galissonnière. Précisons qu’à cette époque la paroisse comprenait rive droite de la Sèvre, la quasi-totalité du territoire du Pallet (rubrique “les limites communales”). L’amiral Jacques Barrin va étendre ses possessions sur 14 paroisses alentours, et Louis XIV va les élever au rang de marquisat en 1658. Plus tard son petit fils Roland Michel tirera sa célébrité comme botaniste, gouverneur du Canada et seul vainqueur des anglais sur mer au XVIII° siècle (bataille navale de Port-Mahon en 1758).

Albert Méchineau.

Aux temps des Guerches par Pierre Paillard.

Seules quelques poteries semblent indiquer que “nos ancêtres les gaulois” étaient bien présents à Monnières.

Quant aux envahisseurs romains, leur présence est assez massive. Il nous ont laissé les “tiges de bottes”, ces tuiles latines caractéristiques de cette période ici sur le four du Pont). Et ce sont les romains et leur latin qui ont donné son nom à notre commune. De (mola, molinarius, molinum) = meule, meunier,moulin.

Un écrit (source à retrouver) fait état de fouilles au passage à gué dans la Sèvre entre Loges et Pé de Vignard . Des pièces romaines y auraient été retrouvées.

Les envahisseurs germains ont laissé le toponyme “les Guerches” qui désignaient le fortin sensé garder le pays des Francs contre les envahisseurs bretons. Nos photos : le château des Guerches vers 1920 et la carte de situation des toponymes “la Guerche” en Bretagne aux temps de la résistance franque face aux Bretons et Wisigoths.

Assez bizarrement les toponymes bretons ou celtiques sont absents de notre commune. Cela laisse à penser que l’occupation antérieure aux invasions romaines devait être très limitée.

Le grand vide historique qui a suivi les invasions barbares n’est comblé en rien.

DE LA PARTITION AU RATTACHEMENT DES VILLAGES DE MAISDON.

Les faits importants de la période révolutionnaire pour Monnières s’inscrivent dans le cadre des prémices et des évènements de la « Guerre de Vendée ». Derrière son curé Leprince la majorité de la population s’oppose à l’administration républicaine. Le prêtre “jureur” devra repartir comme le 15 mars 1793 la municipalité fuira à Nantes. Le château de la Galissonnière sert fréquemment de quartier général aux généraux vendéens. Cela peut expliquer : 1/ la « Partition » de Monnières en 1792. 2/ l’incendie du bourg et le passage des colonne infernales en 1793 et 1794 (fiche suivante).

1/ la « Partition » par « l’ Arrêté provisoire » du 6 novembre 1792 .

Nous voici au cœur de l’opération nationale dite du « resserrement des paroisses ». Il s’agissait en gros de supprimer les petites paroisses et de les intégrer aux grandes. Or Monnières était une très grande paroisse englobant la quasi-totalité de la commune du Pallet actuel. En 1792 celle-ci ne comptait plus que 192 habitants. Mais c’était sans compter sans son curé « jureur » dénommé Leprestre, ami intime du premier évêque « républicain » de Nantes, Mgr Minée. Sans doute est-il permis de penser que c’est pour étouffer l’influence du Monnières « catholique », qu’à l’inverse du « resserrement», c’est la minuscule paroisse du Pallet qui englobe toute la partie rive droite de la Sèvre à son profit. Monnières perdait (“provisoirement”), outre presque les deux-tiers de ses habitants et sa chapelle Saint Michel (photo), les revenus du Port Domino. Recherchant « compensation » Monnières réclamera, pendant plus d’un siècle, en s’appuyant sur les revendications d’une majorité des villageois, le rattachement des villages de Maisdon très proches de son bourg : Maisdonnière, Ménodière, Cordouère, Hallopière, Moulin de la Bidière et Yolais. Rattachement effectif depuis le 2 mars 1922. C’est ainsi qu’auparavant le Père Clénet, vendeur de partitions de musique, partait de sa Maisdonnière “maisdonnaise”.

INCENDIE ET COLONNES INFERNALES.

1793 -Le château de la Galissonnière sert de quartier général aux généraux vendéens. Notamment en juin pour Charette avant le siège de Nantes. Puis pour Bonchamps et Lyrot lors de la retraite vers Nantes du général Canclaux et de ses 15 000 “mayençais” (photo) au surlendemain de leur défaite de Torfou.

Les 7 000« vendéens » entreprennent ce dimanche 22 septembre de leur barrer la route. Huit heures de combat autour du château jusqu’à la Sèvre. Malgré l’appel de sa réserve cantonnée au bourg de Monnières, Bonchamps doit ordonner la retraite sur Aigrefeuille. Un détachement républicain traverse la sèvre et les poursuit incendiant le bourg et l’église. Des « patriotes » détenus dans le cachot de la cure (photo), sont délivrés. Parmi eux, le jeune Louis Terrien quinze ans. Son nom sera cité à la Convention. Mais c’est ainsi que la cure fut épargnée et que Monnières possède aujourd’hui de très vieilles archives remontant à 1551.(télécharger)

1794 – le 4 avril une colonne mobile dite « infernale » après avoir incendié le château de la Galissonnière traverse le bourg, vers Saint Lumine de Clisson. De nombreux villages sont pillés et incendiés et de nombreuses personne massacrées. C’est le cas à Coursay dont la plupart des habitants avait pu heureusement fuir avec leurs bestiaux vers Remouillé.

Le canton de Monnières.

La constitution de l’ An III crée

les municipalités de cantons.

Préfigurant un peu nos Communautés de communes actuelles, ces municipalités étaient appelées à gérer le canton. A sa tête une “administration municipale”, avec un président et des “agents municipaux et leurs adjoints” représentant chacune de communes.

Représentant la République sur le territoire, le commissaire du Directoire Exécutif.

Voici donc Monnières chef-lieu d’un canton rassemblant aussi Saint Lumine, Maisdon et Saint Fiacre.

Président Pierre Bouchaud, négociant au Pont, habitant ou voisin de cette maison ci-jointe, aujourd’ hui rue de la Moinerie, et portant sur sa belle niche en façade la date de 1777.

Le commissaire du Directoire Exécutif est Jacques Langlois.

Dans les deux fiches suivantes relatons un peu de la vie de ce canton du 7 vendémiaire An VI jusqu’au 23 vendémiaire An VIII (28 septembre 1797 – 15 octobre 1799)

Atmosphère de guerre civile.

Quand le 7 vendémiaire de l’An 6 le canton de Monnières s’installe, il y a 24 jours que le coup d’Etat du 18 Fructidor (4 septembre 1797) a eu lieu, le Directoire privant ainsi les modérés et les royalistes de leur succès aux élections de mai.

On vit à l’heure du “complot anglo-royaliste”.

On remet en vigueur les lois de la Convention.

Les déportations ou “guillotines sèches” remplacent l’échafaud de la Terreur.

A Monnières comme partout la chasse aux émigrés et aux prêtres réfractaires recommence avec les “visites domiciliaires”.

Les bruits de soulèvement sont permanents. Et les administrateurs du canton sont apeurés.

(Article à télécharger)

L’effort de remise en ordre.

L’atmosphère de guerre civile décrit plus haut n’empêche pas, à Monnières comme ailleurs, un profond effort de remise en ordre.

Le commissaire Langlois réorganise d’abord le service de la poste et veut trouver un instituteur.

Alors que le système décimal est instauré,

on unifie d’abord ici les unités de mesures locales avec celles de Nantes.

Pour le commerce c’est la création de grandes foires à Monnières, sur le “chemin serré” menant du bourg au Pont (notre photo).

Etat civil : Beaucoup après la disparition de nombreuses archives s’activent à reconstituer leur identité officielle.

Droits anciens : les nouveaux propriétaires des vignes n’entendent pas renoncer au “complant”.

Elections : le suffrage censitaire à deux degrés réservé de fait aux plus riches fait bien des mécontents.

Fiscalité : les réformes fiscales ont peine à rentrer dans les moeurs.

Mais tout cela n’empêchent pas les belles fêtes républicaines.

(document à télécharger)

11 mars 1840 – Bateau à vapeur.

Le 11 mars 1840,  le Sieur Mousse  demande l’autorisation de faire naviguer sur la Sèvre son bateau  sur lequel il a “installé une machine à vapeur”.

Les gabarres à voile  vont bientôt voisiner  avec les “Hirondelles”

7 juin 1856 -Ouverture du pont : Le premier pont  avec ses parapets de pierre (photo 1), va vite s’avérer trop étroit.

6 novembre 1923 : 1er élargissement avec des parapets ajourés en surplomb (photo 2).

18 novembre 1997 : 2° élargissement avec son aspect actuel (photo 3).

1er octobre 1857. Ouverture du cimetière actuel. Le cimetière d’autrefois occupait la place de l’église (repro 2).  Sa “translation” dans le cimetière actuel (photo 1) a longtemps été repoussée.  Mais elle est devenue indispensable pour permettre le passage de la route départementale n°7 “Legé-La Varenne” qui a traversé le bourg avant d’enjamber le pont tout neuf (repro 3).

24 octobre 1866 – Le premier train. Repro 1. Le train à l’arrêt de la Cognardière 2004 : sur le pont du Florenceau.

22 décembre 1898 :  Monnières obtient un arrêt à la Mortaine.(photo 3)

1er mars 1922 – Rattachement des villages de Maisdon.

On se souvient que le 6 novembre 1792, par un “arrêté provisoire” qui dure toujours, toute la partie rive droite de Monnières, soit près des deux-tiers de son territoire, a été annexée à la commune du Pallet.

Dès le début du XIX° siècle, les archives nous montrent les efforts de la commune de Monnières pour obtenir “compensation”, notamment en revendiquant le rattachement des villages de Maisdon/sèvre jouxtant le bourg.

Revendication qui n’était pas sans logique. Le ruisseau busé sous la route du lotissement actuel des Salorges faisait limites communales. Le Père Clénet, marchand de partitions musicales partant ici de sa Maisdonnière était maisdonnais. Bochard, la Cordouère, la Ménodière, les Yolais, et plus haut le moulin de la Bidière, et la Hallopière, faisaient partie de Maisdon. Et les plus anciens de ces villages se souviennent encore qu’il n’était pas rare que le corbillard emmenant le défunt pour sa sépulture à Maisdon doive passer devant l’église de Monnières.

Longue démarche de rattachement, avec dans ces villages les “pour”, les “contre” et des moments difficiles tout au long du XIX° siècle.

Et comme souvent c’est l’argument économique qui va finir par faire entendre raison à la majorité. A l’époque où beaucoup du commerce du vin se faisait en gare du Pallet, l’instauration des “acquits” de transports a été le déclic. Les vignerons des villages “maisdonnais” concernés ne supportaient plus de devoir aller à Maisdon faire des acquits pour repartir ensuite vers le Pallet.

Bref, le 1er mars 1922 le rattachement était voté.

Rose Arnaud

Monnières a été au coeur de la troisième tentative de soulèvement vendéen fomentée

Vieille maison du Mortrait
Maison contemporaine de Rose Arnaud

par les Légitimistes et la Duchesse de Berry en 1832. Son relais local : François-Xavier le Chauff de la Blanchetière en Vallet. Parmi ses soutiens indéfectibles : Rose Arnaud sa servante, née au Mortrais de Monnières en l’ An XIII. Pour en savoir plus

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Vieille maison du Mortrait
Maison contemporaine de Rose Arnaud

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